Concert Benvenuto Cellini - Berlioz à La Cote Saint Andre le 29 août 2019

Plus d'infos sur le concert Benvenuto Cellini - Berlioz à La Cote Saint Andre

ROMEO ET JULIETTE - BERLIOZ

Orchestre Révolutionnaire et Romantique

Monteverdi Choir

Sir John Eliot Gardiner, direction

Michael Spyres, ténor (Benvenuto Cellini)

Sophia Burgos, soprano (Teresa)

Matthew Rose, basse (Giacomo Balducci)

Tareq Nazmi, basse (Le Pape Clément)

Adèle Charvet, mezzo-soprano (Ascanio)

Krystian Adam, ténor (Francesco)

Ashley Riches, baryton-basse, (Barnardino)

J. P. A. Martini

Messe des morts à grand orchestre dédiée aux mânes des compositeurs les plus

H. Berlioz

Benvenuto Cellini

En 1834, Alfred de Vigny propose à Berlioz de lire La Vita, autobiographie de l'orfèvre et sculpteur Benvenuto Cellini. « J'avais vivement été frappé de certains épisodes de la vie de Benvenuto Cellini ; j'eu le malheur de croire qu'ils pouvaient offrir un sujet d'opéra dramatique et intéressant, et je priai Léon de Wassily et Auguste Barbier, le terrible poète des iambes, de m'en faire un livret. » (Mémoires, chapitre XLVIII)

L'action se déroule en 1532 à Rome, durant les 3 jours du carnaval. Benvenuto Cellini veut s'enfuir avec Teresa, fille du trésorier du Pape, en se dissimulant sous un déguisement de moine. Fieramosca, le plus grand rival de Benvenuto Cellini surprend leur conversation. Cette tentative d'escapade échoue et pour sauver sa vie, le sculpteur doit fondre dans l'heure la statue de Persée pour le Pape, travail pour lequel il avait été payé. Le défi est relevé, le sculpteur pardonné.

La composition de l'oeuvre avance lentement. Le livret, conçu au départ comme opéra-comique, avec des dialogues, est rejeté par l'Opéra Comique. Le directeur de l'Opéra de Paris accepte finalement l'oeuvre, à condition de la réduire à deux actes et de supprimer les dialogues parlés. Les répétitions sont fastidieuses, Berlioz l'annonce dès le titre du chapitre XLVIII de ses Mémoires « Répétitions de mon opéra de Benvenuto Cellini - Sa chute éclatante », le ton est donné.

En effet, Berlioz nous décrit dans ses Mémoires l'accueil glacial que les interprètes et musiciens font à Benvenuto Cellini, sans parler d'Habeneck qui dirigeait les répétitions : « La nonchalance, le dégoût évident que la plupart des acteurs, déjà persuadés d'une chute, apportaient aux répétitions ; la mauvaise humeur d'Habeneck (...) tout me décelait une hostilité générale, et que je dus feindre de ne pas apercevoir. » Berlioz ne manque pas de répandre quelques-uns de ses conseils face à l'irritation d'Habeneck dont il avait repris la direction de son Requiem en plein concert quelques années auparavant : « Mon Dieu, Monsieur, vous casseriez cinquante archets que cela n'empêcherai pas votre mouvement d'être de moitié trop lent. Il s'agit d'un saltarello. » L'opéra ne sera donné que trois fois et vivement critiqué, à l'exception de l'ouverture qui bénéficia d'un grand succès.

Cette oeuvre aujourd'hui considérée comme l'une des plus brillantes du compositeur, est interprétée sur instruments d'époque et en costumes par l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique et le Monteverdi Choir, sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner, intime de l'univers de Berlioz.